Grossesse et Ob?t?

août 16th, 2007 by

Tout d’abord, est-il plus difficile pour une femme obèse de tomber enceinte ?

C’est une idée reçue, courante, qui découle directement de l’idée inconsciente qu’une femme forte doit obligatoirement maigrir avant de tomber enceinte. Quand on connaît le pouvoir de la pensée sur la fécondité, difficile de ne pas voir ici un frein majeur à la procréation. Pour le Dr Fonty, « il n’y a pas de complications spécifiques. Néanmoins, même s’il n’est pas forcément nécessaire de maigrir avant de tomber enceinte, la médecine a constaté qu’une perte de 5 à 6 kilos pouvaient notablement changer l’équilibre du corps humain en insuline ». Inutile pour autant de se lancer dans une quête frénétique afin de perdre 20 kilos. Le choix est donc donné à la future maman, mais il faut le répéter, perdre du poids avant d’appréhender la grossesse n’est pas une obligation, mais un confort supplémentaire.

« La cause la plus fréquente de stérilité que l’on rencontre chez la femme obèse reste les ovaires polykystiques. Sans qu’on sache pourquoi, elles y sont plus sujettes que les femmes minces », explique le Docteur Fonty. Ce syndrome (SOPK) se traduit par des ovaires gros, avec à leur surface de nombreux petits follicules qui ne grossissent pas et n’émettent donc pas d’ovule. La cause de ce syndrome est aujourd’hui inconnue, mais l’infertilité n’est pas permanente.

« En cas de procréation assistée, le problème est surtout d’ordre technique, à l’échographie, où il est parfois difficile de repérer le follicule et les ovaires, Il faut dissocier sa relation au poids de celle à la grossesse. »

 Avant d’être en surpoids, on est une femme. D’où la nécessité de ne pas se rajouter un stress supplémentaire en croyant que le surpoids sera source inévitable de complications durant la gestation.

 

Le by-pass et la gastroplastie peuvent-ils compliquer la grossesse ?

En aucun cas. Inutile donc de faire desserrer lanneau.

 

Le surpoids est-il source de complications pendant la grossesse ?

Qu’on se le dise une bonne foi pour toute : une femme enceinte et en surpoids court les mêmes risques de complications qu’une femme mince. Il n’y a donc pas d’intérêt sur le plan pratique à craindre une telle grossesse. Il faudra une surveillance plus spécifique de la tension et du taux de glycémie, pour surveiller l’apparition possible d’un diabète gestationnel. Peuvent également survenir des risques de complications vasculo-rénales (hypertension artérielle, éclampsie, hématome rétro placentaire, phlébite).

 

Doit-on éviter de prendre du poids pendant la gestation ?

«Il est souhaitable que la prise de poids pendant la gestation soit modérée, estime le Docteur Fonty. La grossesse en soit est consommatrice d’énergie mais ce n’est pas un bon conseil que de ne pas en prendre, ni un bon argument de dire que le bébé va puiser dans les graisses. »

Contrairement donc aux idées souvent véhiculées par le corps médical ou la famille, il n’est pas souhaitable de ne pas en prendre du tout. Un embryon, un enfant puis un futur bébé à quoiqu’il en soit besoin d’énergie et de « matière première » pour se construire. De plus, la médecine constate que les bébés de poids normaux seront moins sujets plus tard au développement du diabète ou à l’obésité qu’un bébé déjà gros à la naissance. En conclusion, contrôlez votre poids mais ne vous interdisez pas non plus d’en prendre (entre 7 et 8 kilos pour un IMC autour de 30). Sachez toutefois que pendant la grossesse, si l’augmentation d’un indice d’IMC augmente le risque de césarienne de 7% à chaque fois. Pas d’explication à ce phénomène mais une simple constatation de la médecine.

 

Une femme grosse et enceinte aura forcément une césarienne ?

Pas plus que pour une femme mince. Néanmoins, du fait de l’épaisseur de graisse pour certaines formes d’obésité, les césariennes sont parfois plus difficilement réalisables. L’anesthésie peut se révéler également plus délicate car il est connu que les produits anesthésiants s’accumulent dans les graisses et prennent donc plus de temps à s’éliminer. Cela nécessite des précautions de réveil, parfois plus long que pour une femme mince mais pas d’inquiétude pour ces quelques instants que vous aurez manqué avec votre enfant, cela se rattrape !

  

Techniquement, en quoi la graisse peut-elle gêner, que ce soit pour les examens cliniques, ou au cours de l’accouchement ?

« Tout dépend du type d’obésité. A l’échographie par exemple, il est parfois difficile d’avoir une image satisfaisante. L’adiposité peut gêner le passage de l’ultrason. Concrètement, il n’y a pas de risques médicaux liés à la péridurale, » explique le Docteur Fonty. Si ce n’est que la médecine constate un plus fort taux d’échec pour sa mise en place.

Pour l’accouchement, le monitoring peut également rencontrer des problèmes pour enregistrer les contractions. En terme de matériel médical, fort est de constater que ce dernier est souvent inadapté aux futures mères de plus de 130 kilos. Ces dernières sont parfois difficiles à prendre en charge d’un point de vue logistique, mais tout dépend de l’hôpital.

 

Que sait-on du développement de l’enfant et des risques qu’une femme en surpoids lui fait courir ?

Absolument rien. On ne peut que constater aujourd’hui que dans certains cas, des enfants de mères en surpoids ont des anomalies du système nerveux central (mal fermé, ou absence de cerveau, 1 pour 10 000 en France). « L’hypertension artérielle peut également être la cause d’un retard de croissance intra-utérine mais sans qu’on sache trop pourquoi » déplore le Docteur Fonty.

 

En guise de conclusion, cette réunion a permis de soulever de nombreux points de difficultés dans une grossesse. Une véritable réflexion doit être engagée avec le corps médical pour un meilleur accueil, sur le plan humain et matériel de ces mamans dans les services de maternité afin que l’accouchement se passe au mieux pour éviter le maximum de stress. Les problèmes de cicatrisation après césarienne, que l’on rencontre souvent dans la littérature, n’ont pas été évoqués, ni le rejet parfois de la société d’accepter q’une femme forte puisse devenir mère. Un mal-être qui pousse beaucoup d’entre elles à penser que cette maternité leur est obligatoirement refusée.

Cette réunion a tout du moins permis de démystifier l’idée reçue que femme en surpoids ou obèse doive obligatoirement perdre beaucoup de poids avant de tomber enceinte. Qu’on se le dise, la maternité n’est pas l’apanage des minces, et une femme forte enceinte n’est pas moins belle qu’une femme mince enceinte. Au bout du chemin, le même plaisir : celui d’être mère.  

Les différents types d\obésité’

août 14th, 2007 by

Il nexiste pas une mais plusieurs formes d’obésité ! Car sous ce terme se cachent différentes définitions de la maladie qui ne traduisent pas les mêmes risques. Modérée, sévère, morbide… Un seul outil pour les différencier : l’indice de masse corporelle.

L’obésité modérée

ObésitéOn ne parle pas d’obésité en jugeant les gens d’un seul coup d’oeil ou en les pesant ! Pour affirmer que le poids est problématique, les scientifiques ont défini un outil précis : l’indice de masse corporelle (IMC). Celui-ci est basé sur un calcul simple : le poids en kilos divisé par la taille en mètres élevée au carré. Si le résultat se situe entre 20 et 25, on considère que le poids est normal. Entre 25 et 30, c’est le surpoids : les kilos en trop commencent à devenir une menace pour la santé. On parle d’obésité proprement dite lorsque l’IMC se situe entre 30 et 35. Dans ce cas, les risques de maladie (hypertension, diabète, cancer…) deviennent très importants.

L’obésité sévère

Lorsque l’IMC franchit la barre des 35 mais reste sous celle des 40, on parle d’obésité sévère. Dans ce cas, les risques de développer des maladies du fait de son surpoids sont fortement augmentés. Il est impératif de perdre plusieurs kilos. D’ailleurs, ce n’est que pour un IMC au-delà de 35 que la chirurgie peut-être préconisée pour traiter l’obésité.

L’obésité morbide ou massive

Lorsque l’indice de masse corporelle dépasse 40, il s’agit d’une obésité morbide. Certains spécialistes distinguent même un stade supérieur, l’obésité massive, avec un IMC au-delà de 50. Il faut noter que ce problème est de plus en plus inquiétant en France : en 5 ans, le nombre d’obèses avec un IMC supérieur à 40 à doublé : 0,6 % de la population est aujourd’hui concernée.

Un problème de répartition

Indépendamment de l’indice de masse corporelle, les spécialistes distinguent également deux formes d’obésité, selon le type de répartition de la masse grasse :

  • L’obésité androïde : la masse grasse s’installe plutôt dans le haut du corps. Cette forme serait plus dangereuse pour la santé, entraînant plus facilement des problèmes d’hypertension, de diabète ou des troubles cardiovasculaires. C’est pourquoi certains médecins préfèrent à l’IMC la mesure du tour de taille, qui serait un meilleur révélateur des risques liés à l’obésité
  • L’obésité gynoïde : la masse grasse s’installe plutôt dans le bas du corps. Celle-ci aurait moins de retentissements sur la santé, entraînant principalement des problèmes articulaires ou des insuffisances veineuses. Elle est néanmoins plus difficile à vaincre que l’obésité androïde.

Alain Sousa

Etre gros, une diff?nce ?ccepter

août 14th, 2007 by

Oui, nous sommes gros. Non, ce n’est pas une insulte!
Nous sommes gros comme on peut être grand, petit, jeune, vieux, blond, brun, noir, asiatique, européen, maghrébin, marin pêcheur, homosexuel, auvergnat…
Scoop: on peut même réunir plusieurs de ces caractéristiques à la fois!
Etre une femme grosse, un homme gros… Que “gros ”soit bien un adjectif, hein. Se faire appeler “le gros”, “la grosse”, on aime moyen.

Car nous sommes d’abord des êtres humains (deuxième scoop), dont le poids n’est que la caractéristique la plus visible. Des êtres humains qui n’ont souvent en commun que leurs kilos en trop par rapport à la norme.

Et, même là, un corps gros ne ressemble pas à un autre corps gros!

On aime, on se bat, on est malheureux parfois, heureux parfois. Nous sommes aussi différents que ceux qui croient ne pas l’être.

Etre gros n’est ni un choix ni une tare. Comme toutes les différences, cela peut être une richesse pour une meilleure compréhension de l’autre et du monde, si on sait être pleinement vivant.

Mais bien sûr nous rencontrons des problèmes qui nous sont spécifiques. Accès à l’emploi, aux transports, aux assurances, au crédit, aux soins, vêtements difficiles à trouver… mais aussi difficulté d’avoir une bonne estime de soi dans une société qui fait trop souvent de la minceur un élément fondamental d’appréciation de la valeur d’un être humain.

L’association Allegro Fortissimo lutte contre les discriminations dont sont victimes les personnes obèses, travaille à les réconcilier avec leur corps et leur image, essaie de répondre aux questions de santé qui leur sont spécifiques, leur offre un lieu de parole et organise de nombreuses activités conviviales.

Que vous soyez gros ou pas, venez faire un tour sur notre site et nos forums pour découvrir des coups de cœur et des coups de gueule, des actions, des idées, des gens très différents et très semblables !

Allegro Fortissimo - Le 11 mai 2007

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août 14th, 2007 by

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